Suite au résultat de la consultation,
Terrena s’engage ...
1/ OGM : s’impliquer dans la recherche sur les biotechnologies…
57% des adhérents de Terrena ne rejettent pas le principe des OGM sur leurs exploitations. Ce résultat confirme le sentiment perçu au cours des débats organisés en janvier que, même si une majorité d’agriculteurs ne voient pas une nécessité immédiate à l’utilisation du maïs Mon 810, la majorité ne veut pas exclure, par principe, cette technologie des pratiques futures de l’agriculture. En conséquence, Terrena décide :
• de mettre en place une veille technologique active sur l’ensemble des recherches dans le domaine des biotechnologies : génomique, marqueurs génétiques, OGM, bio-contrôle, micro-organismes et lutte biologique à l’échelle mondiale. Pour cela, Terrena souhaite s’appuyer, si possible, fortement sur les pôles de compétitivité du végétal et appelle à la mise en place d’une véritable dynamique régionale en matière de recherche associant le maximum d’acteurs régionaux y compris les collectivités territoriales,
• d’établir des partenariats en France dans le domaine de la recherche avec les instituts de recherche publics et les entreprises de façon à ne pas «décrocher» des technologies qui pourraient être demain déterminantes en matière de compétitivité des entreprises et des exploitations agricoles.
2/ Ne pas commercialiser de semences OGM à ses adhérents en 2008 et 2009.
Si la majorité des agriculteurs ne refuse pas le principe des OGM, la grande majorité demande à leur coopérative de ne pas s’engager dans ces cultures maintenant. 19 % des adhérents de Terrena sont absolument contre les OGM et 4% des adhérents de Terrena sont absolument pour les OGM. 77 % des adhérents se retrouvent sur des attitudes plus nuancées. 61 % des adhérents de Terrena souhaitent le maintien d’un moratoire sur les cultures d’OGM en plein champ le temps que la recherche avance et 68% demandent à leur coopérative de ne pas commercialiser de semences OGM maintenant.
En conséquence, Terrena décide de ne pas commercialiser de semences OGM à ses adhérents en 2008 et 2009, même si la loi l’autorise, et de renouveler cet engagement au-delà si les conditions d’une cohabitation pacifiée de ces cultures avec le reste de l’agriculture ne sont pas réunies.
Compte tenu de ces décisions, Terrena restitue les semences récoltées en 2007 aux obtenteurs, en contrepartie d’un engagement de ces obtenteurs de ne pas les commercialiser en France.
3/ Nutrition animale : maintenir le choix du non OGM.
70% des adhérents de Terrena pensent qu’il est indispensable de maintenir un approvisionnement en soja non OGM pour la nutrition animale. En conséquence, Terrena décide de maintenir autant qu’il sera possible et aussi longtemps que l’offre existera dans les pays producteurs, une offre en soja non OGM pour la nutrition animale. Terrena engage un travail de fond sur le développement d’un approvisionnement français en protéine pour la nutrition animale et demande à l’Etat de soutenir un tel projet.
4/ Réduire l’usage des phytosanitaires de 50% en 10 ans
46 % des adhérents pensent tenable l’objectif de 50% de réduction de l’usage des phytosanitaires en 10 ans. 84 % des répondants sont favorables à ce que leur coopérative leur propose des solutions alternatives crédibles à l’usage des phytosanitaires.
Terrena se met en situation d’arriver à cet objectif. Cette réduction s’accompagne de l’utilisation de produits phytosanitaires moins polluants. Terrena supprime aussi toute forme d’intéressement des conseillers de la coopérative aux volumes de phytosanitaires vendus et mettra en place une information claire et pratique concernant les phytos. Chaque agriculteur pourra connaître instantanément la dangerosité du produit pour sa santé et pour la qualité de l'eau. Auparavant cette information existait sous forme de longue fiche technique très complexe et jamais lue dans la pratique.
5/ Proposer à ses adhérents des alternatives énergétiques
En matière d’économie d’énergie et de production d’énergies alternatives, Terrena proposera aux adhérents une offre « bilan énergétique » leur permettant d’agir sur leurs exploitations et développera le photovoltaïque sur les exploitations.
Terrena propose également la valorisation des déchets d'abattoir sous forme d'un engrais organique. Aujourd'hui ces déchets sont détruits en les incinérant, ce qui rejette du carbone dans l'atmosphère alors que dans le même temps, il faut brûler une tonne de pétrole pour obtenir une tonne d’ammonitrate. Ce projet permet de recycler ce qui constitue aujourd'hui un déchet et deviendra demain un engrais valorisable.
6/ Développer l’agriculture biologique
Même si l’objectif, fixé par le gouvernement, d’arriver à 6% de la surface agricole en bio en 2012 parait à la plupart difficile à atteindre, 73 % sont favorables à ce que Terrena y travaille. Terrena créera une commission agriculture biologique présidée par un administrateur délégué. La création d’une commission bio au sein d'une coopérative polyvalente sera une première en France.
Terrena réalisera des essais culturaux en agri bio pour en faire profiter l'ensemble des agriculteurs et développera une démarche commerciale complémentaire des débouchés actuels vers la restauration hors domicile. Enfin Terrena engagera des travaux de recherche dans tous les domaines nécessaires pour inventer des solutions de demain qui ne reposent pas exclusivement sur des intrants (engrais phytos, etc.).
Pour la grande majorité des adhérents, même si les objectifs sont difficiles à atteindre, ils sont favorables à ce que leur coopérative leur propose des solutions qui aillent dans le sens des orientations du Grenelle de l’environnement.
7/ S’engager pour une agriculture d’avenir
Après une année de travail, Terrena a acquis la conviction que s’ouvre une nouvelle ère du développement agricole : L’agriculture devra concilier la préservation des écosystèmes agricoles par une approche écologique avec un haut niveau de productivité pour répondre à la demande de biens alimentaires. Cela passe par une relance de l'innovation technique et de la recherche ainsi que par un retour aux fondamentaux de l'agronomie.
Ce développement passe également par une nouvelle forme de dialogue, ouvert, avec l'ensemble des parties prenantes de notre agriculture et notamment les consommateurs et les citoyens.
Il s'agit maintenant de s'engager d’urgence dans un développement durable de l'agriculture, reposant sur une production écologiquement intensive.
La démarche de Terrena
Quelle agriculture voulons-nous pour demain ? OGM, réduction des phytosanitaires, développement des biocarburants de seconde génération, place de l’agriculture biologique ou bien encore de la certification haute valeur environnementale... Terrena ouvre le débat !
26 000 questionnaires individuels ont été envoyés à l'ensemble des adhérents et 34 débats locaux ont été organisés du 14 au 25 janvier 2008. Objectifs : confronter les points de vue des adhérents de Terrena afin de mieux comprendre la complexité des enjeux par rapport aux grands débats de société qui les concernent.
A la une
OGM : une majorité des agriculteurs y restent hostiles
"cdurable.info"
11 mars 2008 à 09h03